Exaspérés par les féminicides en série, les Ougandais descendent pacifiquement dans la rue

Depuis 2015, au moins 42 femmes ont été enlevées, mutilées et assassinées aux alentours de la capitale ougandaise, Kampala, et la moitié d’entre elles en seulement trois mois en 2017. Certains de leurs corps ont été retrouvés avec des signes brutaux de violence sexuelle.

Article publié sur global voices en français, le 4 07 2018 

La série de meurtres, tous portant d’horribles détails similaires, a horrifié le pays. Leur mobile reste flou, mais la sorcellerie est une théorie populaire [fr]. Les autorités n’ont pas encore inculpé un seul suspect.

Fatiguées de vivre dans la peur, les Ougandaises ont voulu faire quelque chose.

Le 30 juin 2018, le Groupe de travail sur les manifestations féminines (WPWG), avec le soutien de féministes d’autres pays, a organisé une manifestation pacifique dans la capitale Kampala pour protester contre ces enlèvements et meurtres endémiques.

SHANINE@sha9ne

And so I March. To remember them, they were not given any justice and no one was held accountable for their gruesome deaths. But I recognize them. I think about them, the families and friends they left behind with no closure, but fear and anger.

Et ainsi je marche aussi. Pour me souvenir d’elles, elles n’ont eu aucune justice et personne n’a été tenu responsable de leurs morts horribles. Mais je les reconnais. Je pense à elles, aux familles et aux amis qu’elles ont laissés derrière elles sans pouvoir tourner la page, mais dans la peur et la colère.

Lors de la manifestation, à laquelle Global Voices a participé, la responsable du WPWG Dr. Stella Nyanzi, a déclaré que les femmes réclamaient des interventions clés telles que la justice pour les familles des personnes assassinées et une action contre la violence à l’égard des femmes. La militante Patricia Twasiima a ensuite lu les noms des 42 femmes assassinées.

Plus tôt, la police avait tenté de bloquer la manifestation en affirmant que les problèmes pour lesquelles les femmes manifestaient avaient déjà été résolus après que le président Museveni eut parlé à la nation de son plan en 10 points pour restaurer la sécurité en Ouganda.

Dans une lettre, le Commissaire national de police a déclaré :

La présente vous informe que la manifestation prévue pour sensibiliser, exprimer le mécontentement au sujet de la série de meurtres et d’enlèvements de femmes / filles ne peut être autorisée à se dérouler comme prévu.

Peu importe, les femmes étaient déterminées à manifester :

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