« Samuel Paty » : un prix de l’initiative laïque pour une brochure « Touche pas à mon professeur » rédigée par des collégiens d’Alès

Presqu’un an après l’assassinat de Samuel Paty, les élèves de deux classes du Collège Racine à Alès ont reçu  le prix de l’initiative laïque à Blois, après la rédaction d’une brochure « Touche pas à mon professeur ». Un projet lancé par Gilles Roumieux, lui aussi professeur d’histoire-géo comme Samuel Paty. « C’est plus qu’une fierté. C’est davantage une reconnaissance et une écoute de la parole des élèves qui me tient beaucoup à cœur« , confie le professeur sur France Bleu Gard Lozère.

 article par Tony Selliez publié sur le site francebleu.fr, le 08 10 2021

« Ce qu’ils ont écrit, c’est en tous points remarquable, assure Gilles Roumieux. Et surtout, ça représente ce que nous sommes profondément. Je vais aller chercher ce prix et je vais porter en même temps la voix de mes élèves que je remercie infiniment pour les paroles exquises qu’ils ont pu écrire, et le soutien qu’ils ont apporté à la famille de Samuel Paty ; et surtout la défense de la République, de ses valeurs et aussi de l’Éducation.  »

« Cette brochure dit que la loi, elle sera toujours au dessus de la foi. Elle dit aussi que chacun doit être respecté et considéré pour ce qu’il est. Quel que soit ce qu’il est, quelles que soient ses différences et que, justement, ce respect de la différence permet la fraternité. Et surtout, ça permet de nous élever tous ensemble et construire une société fraternelle. » – Gilles Roumieux

On a entendu certaines de vos élèves ce matin, deux jeunes filles, qui, elles, ont participé à la rédaction de cette brochure. On a senti que c’était vraiment aussi important pour elles de s’exprimer. Vous l’avez dit, c’était ça surtout l’essentiel du message que vous vouliez faire passer ?
Gilles Roumieux : C’est ma 32e rentrée. Cela fait 32 ans que je suis enseignant. L’important, ce sont les élèves, évidemment, nous ne sommes que des courroies de transmission. Et moi, ce que je voulais dans cet événement tragique, pour les élèves qui sont en contact quotidiennement avec leurs professeurs, je voulais leur donner la parole. Ce n’est pas un débat d’adultes, simplement. Et les élèves ont réagi magnifiquement et entre nous il y avait une communion, une osmose. Et je trouve que c’est ça la République. Quel que soit ce que l’on est, où l’on se situe, et l’âge que nous avons, on est traversé par des valeurs communes et c’est ça qui nous réunit.