Bruno Lavolé a créé l’association Art et Prison France en 2014, avec sa femme, Inga Lavolé-Khavkina. Art et Prison France organise des expositions d’art créé dans les prisons du monde entier. Il est aussi président-fondateur de la société de production Poirier Films SAS qui a produit le documentaire « Un demi-mètre carré de liberté » sur la création artistique en prison. Découvrez notre entretien.
Après une carrière de 30 années dans le département international de BNPParibas à Paris, Hong-Kong, Londres, New-York et Houston, Bruno Lavolé a décidé de se consacrer au secteur associatif auprès d’associations actives dans le domaine social. Il est Trésorier de la FARAPEJ (Fédération d’associations actives dans le domaine prison et justice), Trésorier adjoint de l’AFASER (association qui gère une quinzaine d’établissements pour handicapés mentaux et psychiques), et membre du Conseil d’Administration de France Fraternités.
Q/ Vous êtes le Président de ART et Prison depuis quelques années. D’où vient cet engagement et cette association entre art et prison qui paraitra incongrue à beaucoup ?
En 2009, Inga, mon épouse, a rencontré Peter Echtermeyer, aumônier catholique en prison en Allemagne, qui organisait la première exposition internationale d’oeuvres créées derrière les barreaux. Ces oeuvres étaient issues du premier concours international d’art réservé aux personnes détenues. Peter avait lancé ce concours, constatant qu’il était essentiel de leur permettre d’avoir un objectif positif pendant leur incarcération afin de sortir « meilleurs qu’ils ne sont entrés ». Nous avons alors constaté que la création artistique en prison existe dans le monde entier et Inga a décidé de faire connaître leur importance en réalisant un film documentaire. Ce film ‘Un demi-mètre carré de liberté » a été projeté en prison en 2025.
En 2014, Peter nous a demandé de l’aider à exposer en France les oeuvres réunies par son association, Art and Prison e.V.. Nous avons créé l’association Art et Prison France et démarré nos projets d’exposition en France.
Q/ Les activités récréatives en prison comme la peinture, le chant vous paraissent adaptées à une future réinsertion du prisonnier ?
Contrairement à l’expression employée par certains hommes politiques, je ne pense pas que la peinture ou le chant soient des activités purement « récréatives » . Les activités artistiques forcent les participants à se poser, à se concentrer, à réfléchir à ce qu’ils veulent exprimer, et l’art leur permet d’exprimer leurs émotions les plus profondes. Souvent, l’incapacité à s’exprimer de façon réfléchie et sensible avait pu les mener à des actions violentes. Nous avons très vite été convaincus de l’importance de ces activités dans le parcours de désistence des détenus. Elles les aident à évoluer et à retourner dans la société apaisés. Lors d’une visite d’atelier artistique en détention, un détenu m’a confié que les commentaires portés sur ses talents artistiques étaient les premières appréciations positives qu’il ait reçues dans sa vie.
Q/ Vous lancez une levée de fonds pour une édition 2026 de Art en Prison. Pouvez vous nous présenter cette initiative ?
Nous organisons en 2026 notre quatrième série d’expositions. Elle montrera des tableaux venus des prisons de plus de 30 pays pour la plupart jamais vus en France, issus du 6ème concours de l’association allemande. Ils seront accueillis dans la mairie d’Osny, Val d’Oise, en janvier et en novembre à Vannes dans le Morbihan. Nous cherchons d’autres lieux entre avril et octobre.
Nous ne recevons pas de subventions et finançons toujours nos expositions principalement en financement participatif. Nos dépenses principales sont le transport des oeuvres et aussi des personnes de l’association qui mettent en place les expositions. Nous avons aussi quelques frais administratifs (assurances, impressions,..).

