Un regain de jeunesse dans le monde religieux ?

L’été dernier, le journal La Croix a mené une enquête sur la religion, avec le sondage Opinionway en partenariat avec le Service national pour l’évangélisation des jeunes (« échantillon de 1 000 personnes, représentatif de la population française âgée de 18 à 30 ans, constitué selon la méthode des quotas, au regard des critères de sexe, d’âge, de statut, de catégorie d’agglomération et de région de résidence. Les interviews ont été réalisées du 9 au 17 juin 2016 »)

Bien qu’un regain religieux ait été observé chez les 18-30 ans, il n’en demeure pas moins que la majorité d’entre eux voit la religion comme un facteur de division. Zoom sur ce phénomène religieux.

 

Des aînés pas toujours imités

La France, pays à majorité agnostique, voit sa jeunesse de plus en plus tournée vers la religion. En effet, lorsque l’on compare les chiffres, la nouvelle génération se définit comme étant plus croyante que celle de ses ainés. En 2016, 46 % des jeunes interrogés se déclaraient croyants, contre 38 % de l’ensemble de la population française (Corref 2015).

Outre la croyance en Dieu, l’identification à une religion a également augmenté auprès des jeunes. En 2008, seuls 29% des 18-29 ans se rattachaient à une religion (catholiques, musulmans, juifs, protestants,…), contre 53% aujourd’hui. Parmi ces croyants, on compte 42% de catholiques, 4% de musulmans, 3% de protestants, 1% de juifs, 1% de bouddhistes et 2% de personnes appartenant à d’autres religions que celles nommées ci-dessus.

Idé/La Croix

La France compte alors désormais plus de croyants et même la pratique traditionnelle du culte a changé.

Au-delà de la pratique dominicale, Sœur Nathalie Becquart, responsable de la pastorale des jeunes à la Conférence des évêques de France, remarque que le culte est pratiqué sous différentes manières : « 40 % prient, 30 % disent que la dimension spirituelle est importante dans leur vie, un sur cinq a déjà participé à un rassemblement ou un pèlerinage : c’est bien plus que la pratique dominicale ».

La remarque de Sœur Nathalie Becquard est appuyée par les analyses de sociologues. Selon eux, l’identité religieuse est de plus en plus visible dans l’espace public depuis 1980. Pour Charles Mercier, sociologue à l’Université de Bordeaux, « celle-ci était plus traditionnellement exprimée dans la sphère privée et intime ».

L’expression de la religion dans l’espace public passe aussi bien par les vêtements (voile, sweats avec messages évangéliques), que par les paroles, les réseaux sociaux ou les pratiques (ramadan, JMJ).