#NousLesPremiers : élus, personnalités publiques ou citoyens, ils s’adressent à Emmanuel Macron pour dessiner le “monde d’après”

Dans un texte sous forme de lettre ouverte à Emmanuel Macron, des signataires aussi divers qu’Anne Hidalgo, Bernard Stiegler, Cyril Dion ou Priscillia Ludosky appellent à “un scénario démocratique en trois étapes”. Ils sont prêts à prendre leur part pour “dessiner ensemble un chemin” pour sortir de la crise du coronavirus.

tribune publiée sur le site francetvinfo.fr le 27 04 2020

Plusieurs maires de grandes villes, des présidents d’exécutifs locaux et des personnalités publiques , dans cette tribune pour franceinfo. Ils proposent trois étapes pour un plan de relance “juste et durable” après la crise due au coronavirus : une phase de consultation citoyenne, puis la création d’un Conseil national de la Transition et enfin la création d’une Assemblée citoyenne du futur.
“Monsieur le Président de la République,

Dans votre dernière allocution, vous déclariez : “Sachons, dans ce moment, sortir des sentiers battus, des idéologies. Et nous réinventer. Moi le premier.”

Nous les premiers, citoyens, associations, maires, présidents de régions et de départements, élus locaux, syndicats, entreprises, gilets jaunes, acteurs de la transition écologique, sociale et démocratique… sommes prêts à dessiner ensemble un chemin qui tire “toutes les leçons de cette crise”.

Nous souhaitons que ne soient pas refaites les erreurs du passé. Oui, l’urgence de la sauvegarde des emplois nous impose de réagir vite. Nous le comprenons. Mais, puisque les mesures pour sortir de la crise impacteront durablement les choix politiques à opérer, les investissements qu’elles nécessitent ne peuvent se décider sans concertation, discutés en trois jours dans un Parlement vidé de ses membres où trois représentants LREM possèdent à eux seuls la majorité absolue. Nous regrettons notamment votre décision de ne pas poser de conditions environnementales et sociales sérieuses à l’octroi de 20 milliards d’euros à la relance d’industries comme l’aviation et l’automobile, contrairement au Danemark, l’Autriche ou encore la Finlande.

Tout se passe comme si les leçons de la relance consécutive à la crise financière de 2008 n’avaient pas été tirées : un plan de relance décidé sans y associer les territoires, ni les citoyens, qui creuse les inégalités, augmente la pollution et affaiblit de plus en plus les services publics…

Afin d’éviter que le climat, la biodiversité et la justice sociale ne fassent à nouveau les frais des premières actions de sortie de crise, nous vous demandons d’ores et déjà de prendre en compte les recommandations de la Convention Citoyenne pour le Climat. Ses 150 membres tirés au sort préconisent “que les financements mobilisés dans le cadre de la sortie de crise soient socialement acceptables, fléchés vers des solutions vertes et que les investissements se concentrent dans des secteurs d’avenir respectueux du climat”.