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Avec l'immigration - François HéranAvec l’immigration, mesurer, débattre, agir

En France, les « problèmes de l’immigration » se succèdent en rafale, dans un débat récurrent attisé par les cycles de la vie politique et en particulier le rythme de la présidentielle : crise des réfugiés, islam et laïcité, droit du sol, double nationalité, regroupement familial, « jungle » de Calais… François Héran replace les arguments de ce débat dans une perspective démographique et politique. Il revient notamment sur l’ère Sarkozy : neuf années de mainmise sur la politique migratoire de la France, mais pour quel bilan ? Abandon de la politique d’« immigration choisie », persistance de l’immigration dite « subie » mais légale : en fi n de compte, une personne sur quatre vivant en France est immigrée ou enfant d’immigré. Le volontarisme ultra rêve encore, cependant, de faire sauter le verrou des droits fondamentaux.
Soulignant le progrès des connaissances sur l’immigration, l’auteur réfute les erreurs grossières de certains politiques (Marine Le Pen en tête) et essayistes médiatiques (tel Éric Zemmour). Il revisite la question de la citoyenneté : « droit du sang » et « droit du sol » sont en fait deux versions d’un même droit, le droit du temps. Sans occulter les obstacles à l’intégration, il la montre aussi à l’œuvre, comme dans ce gymnase de banlieue où chacun, sans distinction d’origines et de croyances, vient donner son sang, peu importe à qui.
Au final, une approche sereine et réaliste. Ni pour ni contre l’immigration : avec elle, tout simplement.
François HÉRAN
Edition de la découverte (2017)

 

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Manuel D’autodéfense Intellectuelle

Face à la complexité du monde, cet ouvrage, drôle, original, accessible et intelligent, propose en neuf chapitres une véritable initiation à l’esprit critique.

Du discours des complotistes à celui des publicitaires en passant par ceux des politiciens, des scénaristes de séries télé, des pseudo-scientifiques ou des extrémistes de tout poil, il nous invite à décrypter toutes les formes de rhétorique susceptibles de nous influencer.

Un livre essentiel, à l’usage des jeunes générations, mais aussi de tous ceux qui souhaitent combattre efficacement langue de bois, intox, raccourcis, amalgames, fausses rumeurs et psychoses en tout genre.

Sophie Mazet
Edition Robert Laffont (2015)

 

Pierre Henry, Le KO ou la Fraternité, Editions Hermann, 2016Le KO ou la Fraternité

L’Europe affronte la pire crise humanitaire depuis cinquante ans. Historiquement terre d’asile et d’immigration, elle est devenue une terre de rejet, une formidable machine à désespérer et à susciter, au gré des faillites politiques et morales, l’indignation légitime.

Face à l’incapacité de gérer décemment ces flux migratoires massifs, l’Europe et la France se trouvent « K.O. debout », comme sonnées par la violence de leur impuissance à venir en aide à ceux qui cherchent refuge. Mais ce K.O.-là n’annonce pas le chaos chaque fois promis à la France par les partis populistes et certains démagogues en période électorale. Non, ce K.O. promet et promeut la fermeture, la chasse à l’autre – dont les fantasmées menaces « d’invasion » et de « grand remplacement » sont la traduction.

Sans verser dans l’angélisme, ce texte suggère des propositions concrètes, à même de pallier l’impensé migratoire de l’Union européenne. Ces recommandations passent toutes par le filtre d’une valeur : la fraternité. Celle qui fait de l’étranger un ami a priori et non un danger. À charge pour celui qui est accueilli de respecter les règles de vie de celui qui accueille.
Pierre Henry est le directeur général de l’association France terre d’asile et le président de France Fraternités. Expert reconnu des phénomènes migratoires, il est l’auteur de plusieurs ouvrages sur la question. Il publie le Ko ou la fraternité aux Editions Hermann. Sortie le 9 Novembre 2016.
Contact : pierre.henry@france-fraternites.org .
Pierre Henry
Editions Hermann (2016)

fraternites-jacques-attali Fraternités

Prendre du plaisir au bonheur des autres » : sera-ce, sous le nom de « Fraternité », la prochaine utopie qui emportera le monde au XXIe siècle ?

Avant de devenir la réalité triomphante de la fin du XXe siècle, le marché et la démocratie ont été des moyens, imaginés au long des siècles par quelques rêveurs sous les quolibets de leurs contemporains, pour réaliser l’utopie d’aujourd’hui, celle de la liberté. Leur triomphe ne garantit pourtant ni la paix, ni la justice sociale, ni la protection des générations suivantes.

La mondialisation est en train de tuer la démocratie. Le temps est revenu de penser autrement la société, au-delà du libéralisme et de la social-démocratie. A travers une fresque de toutes les utopies passées et de la façon dont elles ont nourri l’action des hommes, ce livre ouvre un immense chantier sur des questions totalement inédites comme le droit à l’enfance, le droit à l’hospitalité, le droit des générations suivantes, etc., qui témoignent de l’urgence d’une démocratie fraternelle et planétaire.

Mais après quelles secousses ? et par quelles actions ? La politique, même la plus généreuse, n’est pas affaire de bons sentiments. Et l’utopie n’est, en définitive, que le nom donné aux réformes lorsqu’il faut attendre des révolutions pour les entreprendre.
Jacques Attali
Edition Fayard (1999)

plaidoyer-pour-la-fraternite-abdennour-bidarPlaidoyer pour la Fraternité

Lors des événements tragiques du début de l’année, Abdennour Bidar a été extrêmement présent sur toutes les chaînes de télévision, les radios, la presse écrite.

La clarté de ses analyses a impressionné, aucun musulman n’a parlé comme lui. Par la suite, la Lettre au monde musulman qu’il avait d’abord publiée dans Marianne a été lue par deux millions d’internautes (sites de Marianne, Huffington Post, Mediapart…).

Dans un texte court “d’intervention”, mêlant l’analyse à un style proche de l’oral (c’est un “plaidoyer”), Abdennour Bidar nous appelle à faire fructifier l’élan de fraternité qui s’est manifesté le 11 janvier. Ce qui implique d’abord de passer “de l’autodéfense à l’autocritique”, tant pour le monde intellectuel et politique français, que pour les musulmans de France qui se cachent derrière le mantra “Pas d’amalgame !”, alors que le monstre terroriste est quand même sorti du “grand corps malade” de l’islam.

Il faut donc d’abord travailler ensemble à chasser les démons, et analyser les racines du mal, pour construire une nouvelle société où le troisième élément de la devise républicaine, la Fraternité, ne soit plus un vain mot.

Abdennour Bidar       
Édition Albin Michel (2015)

regis-debray-le-moment-fraternite

Le Moment Fraternité

Liberté, égalité, fraternité : “Les trois marches du perron suprême”, disait Victor Hugo. Peut-on encore accéder à la marche d’en haut sans retomber dans la terreur ou bien dans la niaiserie? Et comment, au royaume morcelé du moi je, retrouver le sens et la force du nous?

C’est ce défi, peut-être le plus crucial de notre temps, que Régis Debray s’emploie à relever dans ce livre.

Un nous durable faisant toujours référence à une sacralité, séculière ou révélée, il se demande d’abord ce que sacré veut dire, concrètement ; et les droits de l’homme se donnant comme l’expression contemporaine de la solidarité humaine, il ose examiner ce que cette nouvelle religion civile nous fait faire, actuellement. Ce pénible devoir accompli, Régis Debray dégage les voies d’accès à une fraternité sans phrases, qui puissent en faire autre chose qu’un fumigène : un labeur de chaque jour. Dans la conviction que l’économie seule ne fera jamais une société.

Régis Debray
Édition Gallimard (2009)

 

 

la-fraternite-un-espoir-en-clair-obscurLa Fraternité, Un Espoir en Clair-Obscur

Sommes-nous seuls dans la tourmente du monde, ou existe-t-il un lien entre les humains capable de résister là où les institutions politiques et sociales, les communautés d’idées ou d’intérêts semblent finir par céder ?

La fraternité pourrait-elle fonder notre être ensemble au moment où il est menacé d’un côté par les passions individuelles et de l’autre par des fièvres religieuses ou communautaires ? Partant du fait que les textes anciens, hébreux, grecs et romains mettent puissamment en scène le fratricide,

Catherine Chalier puisant aux multiples sources de notre culture met en lumière la nature, les ambiguïtés et les promesses du lien fraternel. Elle en explore les traductions politiques – dont la devise républicaine, « liberté – égalité – fraternité », pour interroger ensuite les différentes figures de l’amour.

Pour la philosophe, si le témoignage de la fraternité se fait encore entendre, à contretemps, c’est qu’il rend compte de l’unicité de la personne, telle qu’elle se manifeste dans la relation. Face à une histoire qui côtoie le précipice, elle se pose comme un espoir fragile, à condition de résister elle-même à toute tentation fusionnelle, qui l’entraînerait dans un contre-sens mortel. D’une belle écriture, la méditation philosophique de Catherine Chalier dessine les contours d’une fraternité plurielle qui n’abdiquerait jamais devant la réalité amère, impitoyable dans laquelle s’enferment souvent les humains.

Catherine Chalier    
Édition Buchet-Chastel (2004)

fraternite-jecris-ton-nomFraternité, J’écris ton Nom

Le 11 janvier 2015, une immense vague de solidarité humaine a déferlé en France et rencontré un écho mondial suite aux actes terroristes qui ont visé Charlie Hebdo.

Le philosophe et essayiste Patrick Viveret a lancé, aux côtés de dizaines d’autres journalistes, professeurs ou sociologues, l’initiative « Faire vivre l’esprit de fraternité du 11 janvier », qui invite toutes celles et tous ceux qui le désirent à célébrer et à faire revivre la vague de solidarité tous les 11 du mois.

Mais le 11 janvier, s’il est signe de réconciliation et d’espérance pour beaucoup est aussi signe de suspicion voire de fracture pour d’autres.

Et cette fraternité que le mouvement citoyen du 11 janvier entend faire vivre et concrétiser dans la durée, que signifie-t-elle exactement? Est-ce un simple supplément d’âme pour les valeurs républicaines sans engager de contenu véritable? En quoi irrigue-t-elle les deux autres valeurs inscrites sur le fronton de nos édifices publics, la liberté et l’égalité, en particulier afin que la liberté dans le domaine économique ne vienne pas accentuer l’inégalité dans le domaine social ? En quoi permet-elle de donner à la quatrième valeur, souvent objet de débats publics majeurs, la laïcité, sa pleine dimension qui est aussi celle d’une interpellation éthique et spirituelle des grandes traditions religieuses ? En quoi est-elle aussi un point d’appui pour une approche mondiale de la citoyenneté puisque l’esprit de fraternité est revendiqué par la Déclaration universelle des droits de l’homme ? En quoi constitue-t-elle le socle d’un projet de société ambitieux, celui d’une transition vers des sociétés du bien vivre ?
Patrick Viveret   
Édition Les liens qui libèrent (2015)

voltaire-essai-sur-les-moeursEssai sur les mœurs et l’esprit des nations

Cette œuvre publiée à Genève par Cramer en 1756, est le résultat d’une quinzaine d’années de recherche effectuées par Voltaire à Cirey, à Bruxelles, à Paris, à Lunéville, en Prusse, en Alsace et à Genève.

En 1769, La Philosophie de l’histoire (1765) devient le « Discours préliminaire » de l’Essai. Voltaire révisera le texte jusqu’à sa mort en 1778. Dans cette œuvre, Voltaire aborde l’histoire de l’Europe avant Charlemagne jusqu’à l’aube du siècle de Louis XIV, en évoquant également celle des colonies et de l’Orient. L’Essai constitue l’une des pièces maîtresses de la philosophie des Lumières

Voltaire
Édition Nabu Press (2010)