La Mauritanie persiste et signe dans son racisme anti-Noir systémique

Un pays qui reste divisé sur la base de la couleur de peau

article par Abdoulaye Bah puboié sur le site fr.globalvoices.org , le 15 07 2020

En Mauritanie, pays de populations mixtes, le gouvernement reste sourd aux revendications du mouvement Black Lives Matter (BLM) et continue une politique de racisme anti-Noir systémique.

L’image choc du “George Floyd mauritanien”
Alors que le monde entier s’indigne de la mort de l’Afroaméricain George Floyd, une photo datée du 23 juin illustrant deux policiers appliquant “un plaquage ventral” pour immobiliser un homme noir en posant un genou sur sa nuque dans la région d’El-Minaa, dans la banlieue sud-ouest de Nouakchott, capitale de la Mauritanie, a été reprise par de nombreux médias, dont la chaîne de télévision France24. L’image choquante a également été publiée dans de nombreux tweets:

“Cette image nous rappelle ce qui est arrivé à George Floyd, mais elle nous rappelle aussi que nous avons beaucoup de travail à faire en Mauritanie”

Quelles que soient les raisons pour lesquelles cet individu a été appréhendé par des policiers, cette image a choqué car elle a lieu en Afrique et évoque la méthode utilisée par le policier américain Derek Chauvin, le 25 mai 2020 à Minneapolis, dans le cadre de la mort de George Floyd.

La société mauritanienne: une pyramide raciale qui semble résister à tout changement
De nombreux observateurs expliquent en partie le comportement de la police en raison d’un racisme systémique toujours présent dans le pays. En effet, en Mauritanie, c’est de la couleur de la peau que dépend souvent la place d’un individu dans une société qui a aboli l’esclavage à une date aussi tardive que 1980.

En haut de l’échelle se trouvent les Beidanes, d’origine arabo-berbère qui constituent 53 pourcent de la population, et sont aussie appelés Maures blancs. Puis viennent les Noirs libres; une population mixte composée d’individus de plusieurs ethnies qui représentent environ 13 pourcent de la population. Et en bas de l’échelle se trouvent les Haratins, ou Maures noirs qui constituent 34 pourcent, et sont les descendants d’esclaves des Beidanes.

Malgré cette diversité culturelle et ethnique l’essentiel du pouvoir économique, politique et militaire est concentré dans les mains des Beidanes. Par exemple, dans l’armée la “quasi-totalité des trente-quatre généraux mauritaniens sont des Maures blancs”.

Cette exclusion, si visible dans les hautes sphères de l’armée, concerne tous les Noirs, c’est-à-dire au total 47 pourcent de la population, et se retrouve dans tous les domaines. A ce propos voici ce qu’écrit Ciré Ba, un mauritanien, militant des droits de l’homme vivant à Paris sur le site malien malijet.co: