«Il ne faut pas donner des cours à propos de l’antisémitisme, mais sur les racismes de manière générale»

On constate que les agressions antisémites en France connaissent des pics quand il y a des grandes tensions ou des affrontements en Palestine. Les pays arabes ont beaucoup instrumentalisé ce conflit, en faisant des Palestiniens des martyrs emblématiques du nationalisme arabe, pour servir leurs propres intérêts. Indéniablement il y a une oppression des Palestiniens dans les territoires occupés, mais ce conflit est devenu symbolique de toutes les situations d’oppression sur la planète, alors qu’il est loin d’être le seul, et que l’usage politique qui en a été fait est pour beaucoup dans la centralité qu’a prise ce conflit dans les imaginaires. Cela créé beaucoup de confusions dans les esprits, il est grand temps de rappeler que l’Etat d’Israël ne se confond pas avec la politique de Benjamin Netanyahou, et que les juifs ne se confondent pas nécessairement avec les Israéliens.

Le président suggère des cours organisés par l’Education nationale pour lutter contre ce nouvel antisémitisme. Qu’en pensez-vous ?

C’est un combat que je mène depuis deux ans. Il ne faut pas donner des cours à propos de l’antisémitisme, mais sur les racismes de manière générale. Tout en présentant, bien évidemment, la spécificité de l’antisémitisme. L’un des éléments du problème, ce sont les phénomènes de concurrence des mémoires et des victimes. L’école doit effectivement se saisir de ces questions pour enseigner la genèse et les mécanismes des haines identitaires globalement, comme on enseigne les guerres ou l’histoire des famines, pour aider à les déconstruire. Il faut un enseignement en histoire et en sciences humaines qui prenne en compte l’ensemble de ces mécanismes.

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