Baisse des dons aux associations : “On va vers une crise très grave”, s’alarme la Fédération des acteurs de la solidarité

Florent Guéguen déplore sur franceinfo une baisse des dons financiers l’an dernier “de l’ordre de 150 millions d’euros en moins”, une tendance “qui se confirme en 2019”.

article publié sur le site francetvinfo.fr, le 23 12 2019

En cette période des fêtes de fin d’année, Florent Guéguen, directeur de la Fédération des acteurs de la solidarité (FNARS), déplore la baisse des dons faits aux associations de lutte contre la pauvreté. “Il y a une diminution des dons financiers en 2018 (…) et nous craignons que cette tendance se confirme en 2019”, lâche-t-il. Selon lui, “on va vers une crise très grave.”

Selon Florent Guéguen, cette situation s’explique notamment par la suppression de l’Impôt sur la fortune (ISF) qui permettait une très forte défiscalisation des dons. Cette baisse de moyens s’inscrit dans un contexte d’augmentation du taux de pauvreté. “Dans un certain nombre de grandes villes on est sur des situations – quasiment – de crise humanitaire avec des familles et des enfants dehors”, s’alarme enfin Florent Guéguen.

Franceinfo : Est-ce que, comme pour les Restos du Cœur, il y a une tendance à la baisse des dons pour les associations en général ?

Florent Guéguen : Il y a en tout cas une très forte inquiétude des associations de lutte contre la précarité parce que la situation sociale est de plus en plus dure et qu’elle nécessite de plus en plus de moyens et d’interventions. Le taux de pauvreté a augmenté très nettement en 2018. Et puis dans le même temps il y a une diminution des dons financiers en 2018, de l’ordre de 150 millions d’euros en moins. Cela est notamment lié à la suppression de l’impôt sur la fortune – l’ISF permettait une très forte défiscalisation des dons – qui a fait qu’un certain nombre de ménages très aisés ont été moins intéressés à donner aux associations. Et nous craignons que cette tendance se confirme en 2019. Ce serait très dangereux parce que les besoins augmentent et que dans le même temps les ressources des associations diminuent. Par ailleurs, les aides publiques diminuent également. Je pense à la disparition des emplois aidés qui étaient très utilisés par les associations de solidarité. Si d’un côté on a moins de moyens et qu’en même temps la pauvreté augmente, on va vers une crise très grave.

Ces associations pallient-elles un certain désengagement de l’Etat ?

L’Etat finance par exemple l’hébergement des personnes sans domicile fixe, mais ce sont les associations qui mettent en œuvre concrètement ces actions sur le terrain. La politique sociale en France marche sur ces deux pieds : l’intervention publique d’un côté et la solidarité, la citoyenneté et l’engagement bénévole de l’autre. Nous avons besoin de consolider ce second pilier pour répondre à la demande sociale qui est très forte.

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