Chaque année, le 20 février, les Nations Unies célèbrent la Journée mondiale de la justice sociale, rappelant l’importance de l’équité, de l’égalité et de la solidarité pour construire des sociétés pacifiques et inclusives. Pourtant, en France, une réalité alarmante persiste et s’aggrave : des milliers d’enfants sont aujourd’hui privés de logement et contraints de dormir à la rue.
Selon le rapport de l’Unicef et de la Fédération des acteurs de la solidarité, le constat est accablant : à la veille de la rentrée scolaire 2025, au moins 2 159 enfants, dont 503 de moins de 3 ans, sont restés sans solution d’hébergement après un appel au 115 (numéro d’hébergements d’urgence).
Malgré les promesses répétées des gouvernements successifs, la situation s’aggrave année après année. Ces chiffres marquent en effet une augmentation du nombre d’enfants sans solution de 6% par rapport à 2024 et de 30% depuis 2022, année où le gouvernement s’était engagé à atteindre l’objectif du « zéro enfant à la rue ». Par ailleurs,la très grande majorité des personnes en famille (79%) indique avoir dormi à la rue la veille de leur appel au 115, illustrant l’ancrage des parcours de rue.
Ces chiffres ne sont pas pour autant exhaustifs : de nombreuses personnes ne recourent pas ou ne parviennent pas à joindre le 115 ou conscient de sa saturation, ne les appelle même pas. Par ailleurs, les mineurs non accompagnés sans abri et les familles vivant en squats ou en bidonvilles ne sont pas comptabilisés.
Cette situation dramatique est la conséquence des lois sur l’immigration votées ces dernières années. L’immense majorité des enfants à la rue sont nés à l’étranger. Les politiques de restriction des régularisations des préfectures françaises ont pour effet l’augmentation du nombre de familles sans droits ni abri, les services d’hébergement d’urgence étant totalement saturés dans de très nombreuses grandes villes. Le retour d’enfants SDF constitue un changement historique dans un pays qui n’avait pas connu cette situation – ou alors de manière marginale – depuis quelques décennies.
France Fraternités héberge aujourd’hui 214 mineurs, dont 51 enfants de moins de 3 ans. Ces chiffres illustrent concrètement l’ampleur des besoins et la présence croissante de très jeunes enfants parmi les familles sans solution de logement. En assurant un hébergement et un accompagnement global, l’association agit pour garantir aux enfants un droit essentiel : celui d’avoir un toit et un environnement sécurisé.
Face à la saturation chronique de l’hébergement d’urgence, nous voulons porter une mesure structurelle : la régularisation d’environ 10 000 parents d’enfants nés et/ou scolarisés en France. Une telle mesure permettrait de libérer près de 50 000 places en hébergement d’urgence.
À la fois humaine, pragmatique et économiquement rationnelle, cette proposition vise à sortir durablement des familles de l’urgence sociale.

