Continuité pédagogique et égalité territoriale

Depuis le début du confinement, le ministère de l’Education nationale affirme sa volonté de maintenir une continuité pédagogique. Mais admet son incapacité à suivre les « 5 à 8% » d’élèves inatteignables, selon Jean-Michel Blanquer. Cependant, selon une enquête du site Touteduc, ce pourcentage serait plutôt compris entre 12 et 25%. Ce dernier valant surtout pour les établissements REP et les lycées professionnels. Finalement, ces données reflètent mieux la réalité du terrain dont témoignent les professeurs.

article par Lauriane Albrecht, ensifgnate et blogueuse publié sur le site  weeprep.org , le 17 05 2020

En effet, de nombreux enseignants de primaire et de secondaire ont relevé une moyenne de 2 à 5 élèves absents par classe depuis deux mois. Mais dans certains quartiers, cela peut concerner plus de la moitié de l’effectif. Difficile de détailler toutes les raisons de ce silence. Mais il y en a deux bien réelles : l’absence d’outils numériques et la difficulté parentale à accompagner les devoirs. Une autre serait sans doute à mettre en relation avec des cas de défaut éducatif, voire de maltraitance. Mais c’est un sujet spécifique que je ne traiterai pas ici.

Les associations de quartier se mobilisent
Heureusement, des initiatives citoyennes et associatives se sont développées pour répondre aux besoins des familles et des élèves fragiles. Certes, cela n’est pas suffisant, mais lorsqu’elles existent leur mission est fondamentale. En principe, elle concerne plus particulièrement les élèves des cités éducatives.

Ainsi, Hind Ayadi, présidente de l’association Espoir et Création à Garges-lès-Gonesses (95) mobilise son équipe pour aider les jeunes de son quartier. Déjà initiatrice de l’opération Ma cité va briller, qui sensibilise et rassemble autour d’opérations de nettoyage urbain, elle poursuit son action sociale pendant et après le confinement.

Alors que les collégiens ont repris en zone verte et que les élémentaires rentrent au compte goutte, des questions subsistent sur la prise en charge des élèves en difficulté. Pas sûr que ces jeunes retrouvent le chemin de l’école, si l’on se base sur l’analyse de l’Obs qui titrait « Pourquoi les enfants les plus favorisés sont les premiers à rentrer à l’école ? ». Yasmina, enseignante et bénévole chez Espoir et Création m’a aidée à y voir plus clair dans l’actualité de cette semaine.

Comment les jeunes ont-ils réagi au confinement ?
D’après Yasmina, les jeunes ont plutôt bien réagi au départ. Ils comprenaient l’intérêt de rester chez eux pour protéger les autres et se protéger. Mais bien sûr ils étaient aussi inquiets. Tout d’abord, ils craignaient « le manque de liberté, les potes, les sorties », toute cette vie sociale en suspens. Ensuite, « certains étaient angoissés à l’idée de passer les examens dans ces conditions, notamment le bac. »