Vivre ensemble. Cette famille irakienne est aujourd’hui bien intégrée

Ouest-France a organisé “Vivre ensemble, les Assises Nationales de la Citoyenneté” les 19 et 20 janvier 2018. À cette occasion, focus sur ceux qui font ce vivre ensemble, comme Ali Alissawi et sa famille. Grâce à un élan de solidarité, ils sont désormais bien installés à Préfailles, en Loire-Atlantique. Article publié par Ouest-France 

Lui qui fuit Daesh arrive à Préfailles, en Loire-Atlantique, le 13 novembre 2015, jour des attentats à Paris. Ali Alissawi vient d’Irak, ce pays pour lequel il a combattu pendant neuf ans au sein des « Special forces », les troupes épaulées par l’armée américaine. « À Falloujah, les soldats de Daesh ont bombardé la maison familiale, ma vie était en danger là-bas », explique celui qui traversera la Turquie, la Grèce, la Hongrie, la Serbie, l’Autriche et la Macédoine avant d’atterrir dans un centre, à Munich. En Allemagne, on lui vante l’accueil français, il embarque donc, avec deux autres Irakiens rencontrés au centre, pour Préfailles, 1 300 habitants.

Photos de bénévoles

« Quand il est arrivé ici, il avait la chance d’avoir déjà une autorisation de travailler, commente la première adjointe aux affaires sociales de l’époque, Marie-Pierre Falcon. La commune s’est portée volontaire pour accueillir des réfugiés car nous avions un logement T4 « contingenté », c’est-à-dire réservé aux situations d’urgence, qui était vide. »

Ali Alissawi et ses deux compatriotes bénéficient d’un important réseau de solidarité qui se met rapidement en place. « Quand vous fuyez votre pays, que vous arrivez dans un pays étranger et que vous voyez votre prénom inscrit sur une pancarte de quelqu’un à la gare, ça rend heureux, dit Ali dans un français balbutiant. C’est grâce à tous ces gens que nous nous sommes intégrés. » Parmi eux, il y a des élus et des habitants. Leurs photos sont encore accrochées, avec leurs noms et prénoms, dans la cuisine d’Ali Alissawi.

Enfants de 5 et 8 ans

Les deux autres Irakiens arrivés avec Ali Alissawi ont rapidement quitté Préfailles pour suivre une formation à Nantes. « L’association Trajet, basée à Rezé, a aidé la commune dans la gestion de l’accueil, complète le maire, Claude Caudal. Nous avons réussi à faire en sorte que la famille d’Ali se réunisse à Préfailles. » Manar, sa femme, et leurs deux enfants, Saif et Thulfiqar, à l’époque âgés de 5 et 8 ans, sont en effet arrivés en octobre 2016. Un an après Ali Alissawi. « La séparation a été très longue et difficile. »