VIDEO| À Tournai, le « diable » lutte contre le racisme grâce au street art


La « Maison du diable » porte de plus en plus mal son nom. Son mur d’enceinte sert aujourd’hui de support à une fresque géante contre le racisme. C’est une jeune artiste originaire de Charleroi, Jamie-Lee Duvieusart qui manie les bombes…

Pour avoir été inoccupée et squattée durant quelques années, la maison située à l’angle des rues Octave Leduc et des Filles dieu, à Tournai, a été rebaptisée « Maison du diable » par les Tournaisiens. Une rumeur entretenue par la présence d’une gargouille en forme de tête de diable, similaire à celles que l’on trouve au sommet de Notre-Dame de Paris.

Lorsque Charles-Antoine d’Heilly, le petit-fils de l’ancien propriétaire, a investi les lieux, il eut l’idée géniale d’utiliser la notoriété du site pour mettre en valeur le talent de jeunes artistes de la région. Dès 2011, il proposait à des étudiants de Saint-Luc et des Beaux-Arts d’exercer leur art en réalisant une fresque (évoquant le Carmel de Kain) sur le mur d’enceinte.

Pour l’heure, le projet qui prend forme à l’ombre du square Marie-Louise est soutenu par l’Unia, un service public indépendant développant divers outils pour lutter contre la discrimination et pour promouvoir l’égalité des chances.

Ce sont précisément les thèmes de la fresque réalisée par Jamie-Lee à l’aide de bombes acryliques, mais aussi de tissus donnant du relief à l’ensemble. L’artiste de 26 ans ayant une prédilection pour les matériaux de récupération ou d’autres aussi insolites à priori que le bois ou l’acier quand on évoque le design textile. On peut également apprécier son talent à travers les œuvres exposées jusqu’à la fin juin, dans le cadre du concept « Vitrine fraîche », rue de la Cordonnerie, à Tournai.

Pour la fresque de la « Maison du diable », il lui a été demandé de faire traîner les choses, afin de susciter des questionnements parmi le public, soit auprès des passants qui ne partagent pas nécessairement cette forme de culture ou n’y sont pas sensibles, souvent parce qu’ils ne la connaissent pas. Aussi, tout en s’appliquant, Jamie-Lee n’hésite pas à expliquer, à qui lui pose la question, ce que représente cette fresque mais aussi tout le travail en amont, notamment avec les jeunes de Masure 14 sollicités pour compléter les bulles attribuées aux différents personnages.

« Le projet cadre parfaitement avec la philosophie développée au sein de notre maison de jeunes, explique Johakim Chajia, coordinateur de Masure 14, laquelle consiste aussi à mettre en place et à développer des activités axées sur le respect de la diversité et des différences. C’est dans le même esprit qu’a été réalisée une série de vidéos, également avec le soutien de l’Unia qui travaille en ce sens ».