Que faire des djihadistes de retour de Syrie et d’Irak ?

Tuer ou réintégrer ? Le Grand écart britannique :

Un terroriste mort ne peut pas nuire au Royaume-Uni”, a estimé le ministre de la Défense, Gav in Williamson, début décembre, dans les colonnes du tabloïd de droite Daily Mail“Je pense qu’aucun terroriste ne devrait jamais être autorisé à revenir. Nous devons tout faire pour détruire et éliminer cette menace.” Une prise de position radicale et polémique, en contradiction avec les conclusions d’un rapport rendu à l’automne sur la législation antiterroriste en vigueur dans le pays. Celui-ci préconisait notamment de réintégrer tant que faire se peut les Britanniques les plus jeunes, “naïfs” et endoctrinés avant leur départ. Pour les autres, la case tribunal est inévitable. Selon les chiffres du ministère de l’Intérieur, seuls 54 des quelque 450 djihadistes rentrés au pays ont été traduits en justice en 2016. Un faible nombre qui s’explique par la difficulté à rassembler les preuves nécessaires à leur inculpation.

Allemagne, la fin de la tolérance : 

Quelque 50 femmes sur les 200 environ qui étaient parties en Irak ou en Syrie sont rentrées en Allemagne à ce jour, indique Der Spiegel. Pratiquement aucune n’a été incarcérée. “Jusqu’ici, explique le magazine de Hambourg, les épouses accompagnatrices n’ont été poursuivies pénalement que si elles avaient concrètement soutenu des organisations terroristes ou avaient elles-mêmes combattu. La justice allemande a longtemps considéré leurs rôles de mères et épouses comme un ‘comportement social approprié’, pour reprendre les termes d’un enquêteur de haut rang.” Le cas de Sibel H., 30 ans, germano-turque, “prototype de la salafiste engagée de son propre chef dans l’organisation terroriste”, actuellement détenue à Arbil, en Irak, pourrait marquer un tournant. “Pour nous, à partir de maintenant, qui est allé rejoindre l’EI en est aussi membre”, résume un procureur. Le sort de Sibel H. n’est pas encore tranché mais il constitue déjà un précédent, considère Der Spiegel. Désormais, pour tout membre d’une organisation terroriste qui rentre en Allemagne, la peine peut aller jusqu’à dix ans de prison.

Dans les Balkans, prison et resocialisation : 

« Sur 5 000 Européens partis combattre en Syrie et en Irak, un millier est originaire des Balkans occidentaux, et plus particulièrement de Bosnie-Herzégovine et du Kosovo (pays majoritairement musulmans, comptant parmi les plus pauvres de l’Europe, qui ont vu partir chacun 300 djihadistes).
D’après les estimations des services de sécurité de l’Union européenne, 300 combattants seraient rentrés dans les Balkans, note index.hr. Depuis 2014, tous les pays de la région ont une législation sanctionnant d’un à cinq ans de prison les djihadistes partis combattre à l’étranger. Ainsi, sur 46 djihadistes rentrés en Bosnie-Herzégovine, 20 ont été condamnés, les procès des autres sont toujours en cours, signale le site radiosarajevo.ba.