« Preludin Fugue » (Eric Clapton), analyse post attentat

On ne sait pas grand-chose du terroriste lui-même, et tout au plus nous dit-on qu’il était français d’origine russe, né en Tchétchénie en 1997. A certaines réflexions lues ce matin à ce sujet, il me semble important de répondre par quelques points. Tous les jihadistes devraient dont être des Arabes ? La remarque est d’autant plus absurde que chaque jour nous apporte la démonstration du contraire, et encore cette nuit en Indonésie.

« L’EI a été vaincu »https://www.reuters.com/article/us-indonesia-bomb-churches/suspected-is-inspired-suicide-bombers-attack-indonesian-churches-at-least-nine-dead-idUSKCN1IE01U

Tous les jihadistes ne devraient donc tuer et mourir que pour des causes les touchant personnellement ? Là aussi, cette croyance est parfaitement infondée, et toute l’histoire du jihad nous montre, depuis 30 ans, que les terroristes islamistes, convaincus de défendre une cause mondiale, se déplacent et frappent loin de leur terre natale. Les exemples sont innombrables, et les attentats du 13 novembre nous l’ont tragiquement rappelé. On pourrait aussi rappeler l’attentat de Boston.

Que le tueur d’hier soit né ailleurs pour assassiner ici ne m’étonne hélas aucunement, et cela pose de toute façon moins de questions que le fait de voir des Français nés, élevés et éduqués en France se retourner contre nous.

Une fois de plus, en réalité, à la colère face à cette attaque s’ajoute un mélange de honte et de dégoût. Honte de voir des syndicats de policiers violer les consignes de retenue de leur propre ministère.

Soyez calmes et responsables.

OH MON DIEU !

Honte de voir des responsables politiques et autres éditorialistes de comptoir exprimer leur panique et leurs certitudes avant même que les faits soient clairement établis. Honte de les voir diffuser leur terreur alors que nous aurions bien besoin de calme dans la tempête. Dégoût de les voir se repaître de nos morts afin d’exprimer leur haine. Dégoût de les entendre se présenter comme des résistants alors qu’ils sont les collaborateurs objectifs de nos ennemis. Vos larmes et vos cris après les attaques qui nous frappent ne sont pas de rage mais de joie, alors que les pires de vos prédictions se réalisent. A moins qu’il ne s’agisse des plus belles.

Je l’ai déjà écrit, et je le redis, en détachant bien les mots : le succès d’un attentat se mesure à ses conséquences politiques, pas à son bilan initial, qui relève de l’opérationnel. Plus un attentat est meurtrier, évidemment, et plus ses conséquences seront importantes en raison de l’émotion suscitée, mais le dernier mot appartient, in fine, aux victimes, aux élus et à nous tous, communauté nationale. Face à une menace jihadiste très élevée, durable et évolutive, nous sommes les acteurs de notre survie en tant que société. Celles et ceux qui hurlent à la mort, écrivent des horreurs définitives après chaque tragédie sans rien en connaître (souvenez-vous des saillies de Manuel Valls après Münster) et appellent à de (fausses) solutions foulant au pied l’Etat de droit et les valeurs pour lesquelles nous nous battons et pour lesquelles nous sommes attaqués sont plus que les idiots utiles de nos ennemis : ils en sont, selon une tradition solidement établie dans ce pays, les collaborateurs candides et zélés. »