#Paris « Mariées trop jeunes », l’exposition qui bouleverse…

 La ministre de la Culture s’est rendue ce mardi à la Grande Arche de la Défense, à Paris, pour découvrir les reportages de la photojournaliste Stephanie Sinclair. Une exposition mise en scène par le directeur du festival Visa pour l’image de Perpignan Jean-François Leroy, qui dénonce les mariages forcés dans le monde. On n’en ressort pas indemne.

Toutes les deux secondes, quelque part dans le monde, une jeune fille est mariée contre son gré. Plus de 140 millions avant l’âge de 18 ans. Certaines n’ont à peine que cinq années derrière elles. Népalaises, Yéménites, Indiennes ou même Américaines… Native de Miami, la photojournaliste Stephanie Sinclair a passé quinze ans à arpenter le globe afin de raconter l’histoire de ces femmes.

Guatemala Aracely, 15 ans, et son fils. Elle fait partie des 500.000 jeunes filles guatémaltèques mariées et mères avant même d'être adultes. Photographie de S. Sinclair. Crédits photo: Claire Conruyt

À Paris, Mariées trop jeunes, le nom de l’exposition de cette multiprimée de 44 ans (un prix Pulitzer, trois Visa d’or et trois World Press Photo), inaugure l’«Arche du photojournalisme», un espace de 1.200 mètres carrés situé au 35e étage de la Grande Arche de la Défense. Elle a été organisée par le fondateur et directeur du festival Visa pour l’image de Perpignan, Jean-François Leroy.

Ce 1er août, ce dernier a accueilli la ministre de la culture Françoise Nyssen, «sans voix» devant ces 175 photographies qui relatent une multitude de destins cruels. Ces clichés qui nous confrontent à l’horreur de vies d’ailleurs.

En Afghanistan, Ghulam, 11 ans, le regard fuyant et inquiet, s’apprête à épouser Faiz, un homme de 41 ans. Au Népal, Surita Shreshta Balami, 16 ans et toute vêtue de rouge, hurle, désespérée, tandis que les habitants du village de Kagati, l’emmènent de force rejoindre son mari. Il y a quelque chose de troublant à contempler ces photos, à la fois terribles et belles. La surabondance des couleurs, l’explosion des nuances contrastent avec le thème si sombre de cette immense enquête.

57.800 jeunes, âgés de 15 à 17 ans, étaient mariés aux États-Unis en 2014

«Stephanie Sinclair nous montre l’Homme avec de vraies couleurs. Il n’y a pas de photographies trop dures, juste celles qui disent la réalité», explique Jean-François Leroy à la ministre, silencieuse. Cette poignante exposition se décline en plusieurs thèmes: la noce, l’isolement, la maternité précoce, les violences et l’esclavage domestiques, l’excision.

Prière d'une famille mormonne des saints des derniers jours, à Eldorado au Texas. Une secte dont les dirigeants pratiquent la polygamie avec des adolescentes. Photographie de S. Sinclair. Crédits photo: Claire Conruyt

Une souffrance qui se retrouve partout, même dans les pays plus développés. «Mariage d’enfants en Occident» est l’une des sections de l’exposition. Un chiffre alarmant: 57.800 jeunes, âgés de 15 à 17 ans, étaient mariés aux États-Unis en 2014, selon le Pew Research Center. En témoignent les clichés de Stephanie Sinclair qui s’est rendue sur les terres du Texas, dans un ranch situé près d’Eldorado. Une immense propriété de l’Église fondamentaliste des saints derniers jours (FSDJ).