L’islam autorise-t-il l’excision ? Non !

Pour certains ignorants, l’excision (c’est-à-dire le fait de retirer le clitoris, donc de priver les femmes de plaisir sexuel) serait une prescription de l’islam, une pratique non seulement licite, mais obligatoire.

En réalité, rien n’est plus faux.

L’excision est une pratique culturelle, qui existe dans plusieurs régions du monde, y compris des endroits où les habitants ne sont pas musulmans, et n’est en aucune manière un précepte de l’islam. Voyons pourquoi :

D’abord, aucun verset du Coran ne mentionne l’excision. En outre, aucun hadith authentique (« sahih ») ne suggère que cette pratique est obligatoire pour les femmes.

Ainsi, pour le Dr Mohamed Salim El Awwa, le secrétaire générale de L’Union mondiale des Ulémas musulmans (les savants de l’islam) :

« Le Coran ne contient aucun texte faisant allusion, ni de près ni de loin, à l’excision des filles. De même, il n’y a aucun consensus sur un arrêt légal (hukm char’i) concernant cette question, tout comme aucune analogie ne peut s’y appliquer. En effet, c’est dans la Sunna que cette question puise sa légitimité basée sur une interprétation de certains hadiths attribués au Prophète (PBSL). Toutefois, il n’existe aucun texte authentique justifiant un arrêt légal sur une question aussi importante concernant la vie humaine. Ce type de hadiths ne peut être pris en considération, seul les hadiths authentiques pouvant faire force de loi. »

En 2007, le cheikh Ali El Gomaa, grand mufti d’Egypte (la plus haute autorité religieuse dans ce pays) a rendu un avis sur l’excision. Il indiquait sans aucune ambiguité que :

« L’excision est une pratique totalement interdite par l’islam, en raison des preuves formelles sur ses multiples effets néfastes sur le corps et l’esprit des femmes ».

L’avis ajoutait que :

« L’excision des femmes est une coutume sociale contrairement à la circoncision des hommes qui est un rite ».

En fait, sur ce sujet (comme concernant la musique par exemple) : rien ne permet d’affirmer ou d’établir que l’islam prescrit l’excision. Ce serait même plutôt l’inverse : l’islam promeut, entre le mari et sa femme, des relations sexuelles harmonieuses (
On vous a permis, la nuit d’as-Siyam (jeûne), d’avoir des rapports avec vos femmes; elles sont un vêtement pour vous et vous un vêtement pour elles »,
dit le Coran [2:187]). 

D’autre part, le corps de la femme, créature de Dieu, ne peut subir de mutilation ou d’actes de barbarie. Ce serait, en quelque sorte, offenser Dieu que de mutiler sa création.

Troisièmement, l’excision existait (hélas) bien avant l’avènement de l’islam (ce qu’on appelle la « Jahiliya ») dans certaines régions du monde, en particulier en Afrique. On pratiquait ainsi l’excision en Egypte depuis le… Néolithique, et, en 5000 av. JC, sous les Pharaons, les filles subissaient déjà ces mutilations.