La lettre ouverte d’Henda Ayari à Emmanuel Macron pour en finir avec l’islam politique en France

« La première photo date de 1998, à l’époque, j’étais encore toute jeune, j’avais la vingtaine et je portais fièrement mon tout premier jilbab. Sur la seconde photo c’est toujours moi en septembre 2016. » Henda Ayari  se présente aujourd’hui comme une rescapée du salafisme.  Elle a fait de sa trajectoire et de son combat  un livre, « J’ai décidée d’être libre »,qui a fait beaucoup parler fin 2016. Son récit est en effet éloquent, rappelant à bien des égards les témoignages de ceux qui ont fini par échapper à l’emprise de gourous et de sectes. Depuis, Henda Ayari a créé une association de défense des femmes, « libératrices » et répond autant que possible à ces  musulmanes qui lui demandent conseil pour enlever leur voile. Remettra-t-elle le sien, un jour ? Elle secoue sa chevelure rebelle : »Depuis les attentats, je me suis dit que c’était terminé. Je n’en ai plus besoin pour aimer Dieu. » Sa lettre ouverte au président de la République a été publiée le 14 juillet.

Monsieur Emmanuel Macron, Président de la République,                                         

Monsieur Gérard Larcher, Président du Sénat,

Monsieur François de Rugy, Président de l’Assemblée Nationale,

Monsieur Edouard Philippe, Premier Ministre,

Monsieur Patrick Bernasconi, Président du Conseil Economique, Social et Environnemental,

 

C’est mon attachement profond à la France, ma terre natale, aux valeurs de notre République, et particulièrement à la devise « liberté, égalité, fraternité », qui m’incite à vous écrire cette Lettre ouverte.

Je vous écris, Messieurs, en ce 14 juillet, date de notre Fête nationale, journée pourtant endeuillée par le terrible attentat de Nice le 14 juillet 2016 et auquel vous rendez hommage aujourd’hui auprès des victimes et des habitants de Nice.

A la suite des attentats de 2015, qui ont été un électrochoc pour moi comme pour l’immense majorité de nos concitoyens et de la communauté internationale, j’ai décidé de parler publiquement de mon passé de femme salafiste, de m’exprimer sur les raisons de ma chute puis de ma renaissance et de réfléchir aux voies et moyens de l’éviter pour d’autres.

J’ai été entraînée dans le salafisme, j’ai été violentée par un mari lui-même embrigadé. Je me suis évadée de cette prison par amour de mes enfants et parce qu’à un moment décisif, j’ai trouvé du travail.

Aujourd’hui, je considère qu’il est de mon devoir, de ma responsabilité de m’engager pour promouvoir les valeurs de la République auprès de ces jeunes, souvent des femmes, tentés par les sirènes d’un Islam dévoyé, radical et hostile à la République.