Les polices européennes et américaine portent un coup à la propagande de l’EI

Une offensive policière internationale « sans précédent » a permis de paralyser les principaux organes de propagande en ligne du groupe État islamique (EI), s’est félicité vendredi l’agence européenne de police Europol. L’opération s’est déroulée mercredi et jeudi dans huit pays et a particulièrement visé l’agence Amaq.

« Nous avons porté un grand coup aux capacités de l’EI à propager sa propagande en ligne et à radicaliser les jeunes en Europe », a déclaré Rob Wainwright, le chef de l’agence européenne spécialisée dans la répression de la criminalité, dans un communiqué.

« Par cette action de démantèlement, visant les grands organes de l’EI dans le domaine des médias, comme Amaq, mais aussi la radio al-Bayan, les sites d’information Halumu et Nashir, la capacité de l’EI à propager et promouvoir son matériel terroriste est compromise », a ajouté le texte.

Le « démantèlement multinational et simultané » a été coordonné par l’intermédiaire du siège d’Europol à La Haye avec le soutien d’Eurojust, l’unité de coopération judiciaire de l’Union européenne. L’opération a été dirigée par le procureur fédéral de Belgique tandis que les polices nationales ont saisi des serveurs aux Pays-Bas, au Canada et aux États-Unis, de même que du matériel numérique en Bulgarie, France et Roumanie.

« Effort coordonné » 

Des policiers belges, bulgares, canadiens, français, néerlandais, roumains, britanniques et américains ont collaboré à cet « effort coordonné destiné à empêcher l’EI de publier sa propagande terroriste pendant un temps indéterminé », ajoute Europol.

« L’objectif est de déstabiliser fortement l’appareil de propagande de l’EI et d’identifier et d’interpeller les administrateurs de ces serveurs en saisissant et en fermant les serveurs utilisés pour diffuser la propagande de l’EI », a précisé le Parquet Fédéral belge dans un communiqué.

L’unité de lutte antiterroriste britannique a également été impliquée et a identifié « de grands bureaux d’enregistrement de noms de domaine usurpés par l’EI ». Les services de renseignements électroniques britanniques (GCHQ) avaient déjà annoncé début avril avoir fortement dégradé les capacités de mise en ligne des médias de l’EI.

Le ministère bulgare de l’Intérieur a de son côté affirmé que « l’accès à quatre serveurs utilisés pour diffuser l’information, a été bloqué ». « C’était très difficile d’un point de vue technique. Nous n’avons été capable de le faire qu’en raison de l’expérience acquise lors d’opérations majeures contre la cybercriminalité », a estimé Rob Wainwright.  Les investigations se poursuivent et des arrestations pourraient suivra, selon lui.