Face au discours de Macron à Ouagadougou, l’Afrique attend de voir

Pour le site Aujourd’hui au Faso, Emmanuel Macron a aussi marqué un point en faisant référence à Thomas Sankara. « En entamant son grand oral censé être fondateur d’un nouveau partenariat Afrique-France par le Oser inventer l’avenir de Thomas Sankara, idole d’une jeunesse désabusée de la politique et du politique, Emmanuel Macron mettait les 800 étudiants burkinabè bondés dans l’amphi dans une bonne disposition d’esprit. Et pas seulement : il savait qu’il surfait sur une vague porteuse au Faso, car ce sont les mêmes jeunes, des sankaristes (dont la quasi-totalité n’a pas connu le fringant capitaine), qui ont justement été les artisans de l’insurrection de fin octobre 2014, et donc de facto de la renaissance démocratique. D’où l’applaudimètre qu’il a crevé par un standing ovation. La bombe estudiantine, dont certains craignent la déflagration par des huées, ou tout autre incident, venait d’être désamorcée », relève Sam Chris.

D’autres attitudes apparaissent moins louables aux yeux de ce journaliste. Il taxe par exemple de « flagornerie » la déclaration de « Macron l’enchanteur » selon laquelle « il n’y a plus de politique africaine de la France », s’amuse de son « funambulisme langagier » (« moi-même, je suis pas anti-impérialiste ») et regrette encore l’ « emploi intempestif du « je veux » (qui) renvoie à ce paternalisme (de la France NDLR) à rebrousse-poil ».

Migrations, franc CFA, démographie : quelques bons points

Sur le discours, Le Pays retient quelques citations : « À propos de la crise migratoire sur fond de commerce d’esclaves en Libye, Macron a laissé entendre ceci : La tragédie de ce que j’appelle les routes de la nécessité (…), le pire désastre de notre histoire partagée, il faut le nommer pour agir avec force. À propos de la démographie : Quand vous voyez des familles de 6, 7, 8 enfants par femme, êtes-vous sûrs que cela soit le choix de la jeune fille ? Je veux qu’en Afrique, partout, une jeune fille puisse avoir le choix. (…) C’est une conviction profonde, qui m’a poussé à faire de l’égalité femme-homme une grande cause de mon mandat. La démographie peut être une chance, mais à condition que chaque femme puisse choisir son destin. »

À propos de la démographie, dont une de ses précédentes déclarations en juillet avait suscité un tollé, Emmanuel Macron a profité de l’occasion pour faire amende honorable, regrettant d’avoir évoqué un problème « civilisationnel ».

Une mise au point appréciée par le site guinéen Le Djely. « On peut saluer l’humilité dont il a fait montre en reconnaissant le tort dont il s’était rendu coupable quand il avait abusivement rattaché le sous-développement du continent africain à un retard civilisationnel », note Boubacar Sanso Barry dans un article intitulé « Macron en Afrique : profession de foi plutôt réussie ».