Copiées d’un pays à l’autre, comment les intox fabriquent des stéréotypes racistes sur les migrants

Si ces personnes venaient effectivement chercher une aide sociale, il ne s’agissait pas d’un salaire mais d’une carte de débit émise une fois, pour l’hiver, par le Haut-commissariat aux réfugiés des Nations unies (UNHCR), détaille le site de vérification turc Teyit. Près de 50 000 cartes de ce type ont été distribuées, créditées de 600 à 900 livres turques (130 à 200 euros environ).

Conclusions préliminaires de l’étude

 

Exemple de visualisation du projet, à partir de données encore incomplètes.

– Sur les 162 intox étudiées, on remarque deux pics, à l’été 2015 et en octobre 2016, deux périodes de forte concentration médiatique sur les migrants avec le début de la crise migratoire en Europe et le démantèlement de la jungle de Calais, simultanément à la campagne présidentielle américaine.

– Les intox ont été les plus partagées aux États-Unis, en France, en Turquie et en Suède, mais elles faisaient principalement référence aux pays suivants  Allemagne, France et Suède.

– En Turquie, les intox font surtout référence aux Syriens, alors qu’aux États-Unis elles font surtout référence aux musulmans.

– Les catégories les plus importantes sont, dans l’ordre : les actes criminels, l’aide sociale et la thématique de l’invasion.

Méthodologie employée :

Nous avons recensé de nombreux articles de vérification et sommes retournés à la source de la fausse information démentie. Nous avons ensuite essayé de voir si elle s’était propagée dans d’autres pays, en regardant d’abord si d’autres articles de vérification avaient été écrits, ou si les images utilisées avaient circulé dans d’autres pays ou d’autres langues.

Pour ce faire, nous avons utilisés plusieurs outils de recherche inversée comme InVid et Google images.

Nos remerciements à Adrien Sénécat, du Monde, et à Pauline Moullot, de Libération, pour leur aide dans la réalisation de cette étude.