Attentat du 14-Juillet à Nice : le message d’espoir de la fille d’une victime

En ouvrant la porte de son appartement d’Aulnay-sous-bois baigné de lumière, Hanane Charrihi affiche un visage souriant et accueillant alors que les deux garçons de la jeune femme de 27 ans courent à travers les pièces en criant à tue-tête. Mais à quelques heures du premier anniversaire de l’attentat de Nice, elle sent l’appréhension monter à l’idée de revivre cette nuit de cauchemar.

Dans la soirée du 14-juillet 2016, sa mère, Fatima, 55 ans, se baladait sur la promenade des Anglais avec son petit-fils pour assister au traditionnel feu d’artifice, quand un camion-bélier lui a foncé dessus et a poursuivi sa course dans la foule. Au total, 86 personnes ont été tuées. Hanane Charrihi sera informée du drame par téléphone. « Ce soir-là, ils m’ont coupé une jambe, ils m’ont fait tomber, lâche-t-elle. Mais un an après, je me relève ».

La jeune femme a amorcé « une partie de son deuil” en écrivant son livre-thérapie, « Ma mère patrie », publié six mois après l’attaque terroriste revendiquée par l’organisation État islamique. Elle y a déversé « toute [s]a tristesse ». Dans son ouvrage, elle retrace la personnalité de sa mère d’exception et s’insurge en même temps contre les amalgames que sa famille et elle ont dû endurer ces derniers mois.

« J’agis comme si maman était toujours là »

Mais le deuil est loin d’être terminé. « Pour mon père, c’est dur, raconte-t-elle. Je l’ai appelé le 16 juin car il avait oublié de me fêter mon anniversaire. Quand je lui ai demandé quel jour on était, il m’a répondu : ‘On est le 16, ça fait 11 mois et 2 jours que ta mère est partie…' » De son côté, elle avoue ne pas faire mieux : « J’agis comme si maman était toujours là, et que je cherchais à la défendre ».

La journée de commémoration s’annonce éprouvante. « Cette date anniversaire va remuer le couteau dans la plaie », où suinte encore « tristesse, mélancolie et colère aussi », confie-t-elle d’une voix chevrotante. Vendredi 14 Juillet, Hanane Charrihi assistera à un rassemblement interreligieux dans la matinée, puis à la cérémonie officielle en présence d’Emmanuel Macron, vers 16 heures.

La Francilienne fera le déplacement à Nice, où vit son père et le reste de sa famille. « C’est important car il ne faut pas oublier, mais je veux aussi contribuer à délivrer un message de tolérance et de paix », insiste-t-elle avant d’ajouter : « J’espère que le président prononcera aussi un discours d’union ».

« Lutter contre la barbarie qui a été tué ma mère »

Portée par cet esprit de réconciliation, Hanane Charrihi reconnaît que ce sera, pour elle, « un grand jour ». « Pas de deuil, mais de reconstruction », nuance la jeune femme qui a créé, avec ses frère et sœurs, une association du nom de son livre. L’objectif est double : soutenir les familles de victimes de terrorisme, mais aussi lutter contre la radicalisation dans les milieux scolaires et carcéraux.