Promouvoir le sport féminin dans les cités

A Drancy (Seine-St-Denis, 93), l’association « Agir Ensemble » met en avant le foot féminin et aide les filles à lutter contre les préjugés machistes. 

Par NORA BENHAMIDA & TANGUY GARREL-JAFFRELOT

Créé en 2009, l’association « Agir Ensemble » propose du soutien scolaire aux jeunes en difficultés et offre des formations professionnelles à coût réduit. Les filles sont particulièrement engagées au sein de l’association. Sur une centaine de bénévoles, une grande majorité sont des filles. « C’est une vraie force d’avoir autant de filles », précise le fondateur de l’association, Idriss Niang.

Tout commence en 2011. L’association décide de répondre à un appel à projet de la Fondation de France pour promouvoir le sport féminin dans les quartiers. Pour les bénévoles, il s’agit de montrer que les filles ont toutes leurs places tant dans le sport que dans la vie du quartier. Une poignée de subventions et de rendez-vous plus tard : l’équipe féminine de futsal Agir Ensemble étaient nées.

En quelques années, le club de futsal féminin est passé de 15 à 30 membres et les joueuses viennent désormais de toutes les villes du département pour participer aux compétitions. L’équipe est en peu de temps devenue une véritable fierté locale.

Dernier succès en date : les 8èmes de finale aux Ladies Team Cup en décembre dernier.. Près de 400 personnes de tout le département sont venus les soutenir au cours de la compétition régionale organisée par la ligue de Paris.  Les joueuses ont eu la chance d’avoir une marraine de prestige : Amel Majri, footballeuse à l’Olympique lyonnais (OL).

En 2015, les jeunes footballeuses avaient déjà terminé la saison en quatrième position au tournoi régional. Grâce à cette notoriété nouvelle, les soutiens financiers tant publics que privés se multiplient : Commune de Drancy, Région Ile-de-France, Harry’s café ou encore Pizza Hut. Tous veulent leur logo en tête d’affiche.

« Les filles n’ont absolument rien à envier aux garçons comme le montre leurs performances au foot », rappelle Idriss Niang, à l’origine du projet. Âgées de 16 à 25 ans, les jeunes footballeuses sont devenues de véritables modèles pour les filles du quartier. Suivant des cursus de médecins et d’ingénieurs pour la plupart, elles les poussent à se surpasser à l’école.

Prochaine étape : la première place au championnat régional de la ligue de France (poule B). C’est pour l’instant bien parti. Sur 8 matchs, les filles ont arraché 8 victoires d’affilé.