A quand la diversité sur grand écran ?

La diversité a-t-elle sa place dans le cinéma français ? La question est récurrente. Les réponses, elles, sont encore loin d’être trouvées. Mais, petit à petit, les choses changent à leur rythme. Moteur, ça tourne !

Tapis rouge, coups de projecteurs sur des stars tous sourires, montée des marches, retransmissions en direct à la télévision. Comme le disait l’actrice Mélanie Laurent dans un discours d’ouverture du Festival de Cannes resté dans les mémoires : « le cinéma, c’est magique ». Peut-être, mais certains ont un peu plus de mal que d’autres à déceler cette magie, et ce n’est pas Georges Clooney qui dira le contraire. L’acteur, rendu célèbre grâce à son rôle de médecin dans la série Urgences, a très vite été érigé en icône du cinéma américain grâce à des rôles de premier plan.

Très engagé dans les causes sociales aux Etats-Unis, l’acteur avait posé cette question pour le moins polémique, lors de la cérémonie des Oscars en 2016 : « Le problème n’est pas tant qui vous choi­sis­sez, mais combien d’op­tions sont dispo­nibles pour les mino­ri­tés dans les films, parti­cu­liè­re­ment de qualité ? ». La star de la trilogie Ocean’s ajoutant qu’il avait l’impression que le cinéma américain allait « dans la mauvaise direction » et que bien des acteurs, Will Smith et Idriss Elba en tête, auraient pu être nommés pour leur film Concussion et Beast of no Nation respectivement.

Divines… et populaires

Le débat est d’ampleur outre-Atlantique, mais il l’est aussi en France. Régulièrement, des voix s’élèvent, dénonçant le flagrant manque de diversité au cinéma. On constate, après consultation d’une étude du centre national du cinéma (CNC), que la grande majorité des films français dépassant le million d’entrées sont des comédies « grand public », offrant dans la plupart du temps une vision quelque peu caricaturale des banlieues et de ses jeunes. Mais force est de constater que, petit à petit, les choses changent. Petit retour en arrière, en février 2017, lors de la prestigieuse Cérémonie des Césars. Les lumières sont braquées sur deux jeunes filles émues, accompagnées par une grande femme les regardant avec une fierté non dissimulée. La grande dame, c’est Houda Benyamina, la réalisatrice du film Divines, contant l’aventure de deux jeunes filles essayant de se sortir de leur condition dans un quartier précaire.

Le film Divines met en lumière des femmes combatives issues des quartiers. Crédits : Page Facebook du film

Le film Divines met en lumière des femmes combatives issues des quartiers. Crédits : Page Facebook du film

Houda Benyamina n’a pas fait « que » réaliser un film montrant un autre visage de la banlieue, présentant des femmes combattives qui veulent sortir de la misère et briser les inégalités sous couvert de bons mots (« toi, t’as du clitoris ! »), la réalisatrice s’est aussi illustrée par sa tenace volonté de créer une association, 1 000 visages, venant en aide aux futurs talents du cinéma en manque de réseau, venant pour la plupart d’horizons sociaux peu favorisés.

La relève arrive

Souleymane Sylla est l’un des représentants de cette association. Né à Dakar, il est arrivé à 8 ans à Paris, où il a très vite gravi les échelons. Théâtre au lycée, langues étrangères appliquées à l’Université, avant de bénéficier de l’aide de 1 000 visages via un passage au casting du film « Divines ». Dès lors, une voie royale s’ouvre pour Souleymane qui entre au Conservatoire national supérieur d’art dramatique, le passage quasi-obligé pour devenir un « vrai » acteur de cinéma.