500 000 Africains dans l’armée britannique (1939-1945)

Questions à Oliver Coates, historien de l’Afrique de l’Ouest et chercheur à l’Université de Cambridge.

Aujourd’hui, le rôle crucial des africains pendant la deuxième guerre mondiale est méconnu, que ce soit dans le monde anglophone ou francophone. Plus de 500 000 Africains ont été mobilisés par l’armée britannique entre 1939 et 1945 pour servir dans tous les corps militaires. Beaucoup d’entre eux étaient des soldats, mais d’autres étaient traducteurs, ingénieurs, combattants, et médecins. A la différence des anciens combattants africains de la même guerre dans l’armée française, aucun d’entre eux n’a reçu de reconnaissance officielle, même tardive.

Qui sont les Africains qui se battent pour l’armée britannique pendant la deuxième guerre mondiale ?

Environ 155 000 Africains se battent pour la Royal West African Frontier Force (RWAFF), la force militaire pour l’Afrique de l’Ouest et 250 000 hommes de l’Afrique de l’Est et centrale se joignent aux King’s African Rifles(KAR), l’armée britannique pour cette partie de l’Afrique. En plus de l’armée de terre, 4 900 Africains font partie de la Royal Air Force, et 4 200 sont inscrits dans la marine britannique – en réalité certains parmi ces derniers sont des sujets de l’Afrique Occidentale Française (AOF). Chiffres: 155 000 Royal West African Frontier Force, 250 000 King’s African Rifles, 40 000 Sudan Defence Force, 4 900 Royal Air Force, 4 200 Royal Navy, 36 000 High Commission Territories, 76 000 South Africa. Source: Parsons, Africa and World War II.

La plupart de ces hommes a choisi de s’engager même si nous ne pouvons pas savoir si cet engagement a été le résultat d’une pression locale, qu’elle vienne des chefs ou des familles de ces hommes. Il y a certains exemples de conscription, par exemple au sein de la main d’œuvre militaire en l’Afrique de l’Est, parmi les hommes sans abris de Freetown, et dans le territoire nord de la Gold Coast (actuel Ghana). En plus, quelques travailleurs civils sont inscrits dans les programmes de travail obligatoire comme dans le plateau de Jos au centre du Nigéria, et dans les plantations de sisal au Tanganyika.

Les raisons pour l’engagement de ces hommes sont diverses. Il parait logique que certains soient attirés par la rémunération relativement élevée de l’armée et par le manque d’autres opportunités plus attractives dans une économie touchée par la dépression mondiale des années 1930. Il est probable que certains hommes cherchent à profiter de la possibilité d’élargir leurs horizons alors que d’autres éprouvent une fidélité envers les Britanniques.